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Nous étions fin septembre, ii faisait froid, c’était très venteux. L’hiver s’installait comme chaque année. Nous étions prêts à vivre cette période hivernale avec quiétude et sérénité. Mais le destin en a voulu autrement.
Il était environ 21 heures. Le calme et le silence régnaient dans la maison familiale. Tout le monde dormait sauf mon grand frère, ma sœur aînée et moi-même. Nous étions assis autour de la grande table. Je lui faisais réviser ses notes de cours en prévision de ses futurs examens. J’adorais jouer le rôle de professeur, cela me valorisait énormément. Ma sœur était une première de classe, très brillante, elle commençait son secondaire rien ne lui faisait peur, elle réussissait tout ce qu’elle entreprenait. Je l’admirais énormément. Mes parents aussi étaient très fiers de leur grande fille
La température baissait rapidement dans la maison. Alors, ma sœur dit à mon frère de vérifier le chauffage. Il avait l’habitude de faire ces choses-là. Mais une fuite s'est produite. Aussitôt une flamme jaillit, une petite explosion nous fit sursauter. Le feu courrait sur le plancher. Son premier réflexe fut qu’elle éteigne le feu avec ses pieds. J’étais là impuissante. Tout se déroulait tellement vite. C’est à ce moment-là que le feu monta à sa jupe. Elle déverrouilla la porte, sortit rapidement à l’extérieur dans l’espoir que le feu ne se propage pas dans la maison. Mais hélas! Le vent soufflait tellement fort qu’elle fut en quelques secondes transformée en une torche humaine.
Je courus avertir mes parents qui dormaient paisiblement. Aussitôt, ils accoururent sans savoir vraiment ce qui les attendait. Quelle horreur!!!... Ils essayèrent désespérément avec leurs mains d’arracher ses vêtements enflammés, mais en vain!!! Le vent était tellement puissant qu’elle fut en quelques minutes brûlée au troisième degré sur tout son corps, sauf la tête. Car elle portait un scapulaire qui a formé un cercle protecteur autour de son cou. Comme par miracle on retrouva le scapulaire qui était en tissus par terre intact. Aucune trace de feu sur ce symbole sacré.
On fit venir l’ambulance et le curé de la paroisse pour lui administrer les derniers sacrements. J’étais là debout devant elle, sanglotant et la regardant dans toute sa souffrance. Je ressentais sa douleur et je souffrais autant qu’elle.
Elle a été 30 jours hospitalisée, à souffrir le martyre malgré les bons soins qu’elle a reçus du centre hospitalier de la région. Car à cette époque, les cliniques des grands brûlés n’existaient pas encore. Je suis allée la voir une seule fois à l’hôpital, elle était enveloppée de bandages comme une momie. Je ne faisais que pleurer… alors avec sa voix faible et tendre elle me consolait en me demandant si j’avais eu des brûlures, de ne pas avoir de peine, mais de prier le Bon Dieu. Elle savait la gravité de son état, elle ne voulait pas mourir de peur de laisser maman toute seule avec ce grand deuil. Elle était aussi forte physiquement que moralement. Elle nous a prouvé que la maturité n’avait pas d’âge. Je réalise aujourd’hui la grandeur et la pureté de son âme.
Elle est décédée le 28 octobre 1962. Je n’avais que 10 ans, mais cette nuit-là j’ai compris combien il était important de s’aimer, de vivre intensément chaque moment de sa vie. Je suis la quatrième d’une famille de 10 enfants. Alors, nous étions tous jeunes. Les années futures s’annonçaient très douloureuses. Mes parents ont mis tellement d’années à survivre à cette grande tragédie. J’ai toujours senti au fond de mon être qu’elle était toujours là présente auprès de notre famille. Elle nous a donné le courage et la force de continuer sans elle.
Après l’enterrement, tout était silencieux dans la maison. On parlait très peu de son départ, c’était trop douloureux. Ma mère surtout pleurait souvent, elle ne pouvait camoufler son immense douleur.
Il y a 46 ans déjà et je dois vous dire que c’est seulement qu’à l’âge de mes 40 ans que j’ai commencé à parler ouvertement de cet événement et de me libérer intérieurement de cette nuit grise. Je gardais dans mon cœur toute cette peine, cette douleur profonde, croyant que c’était la bonne façon d’oublier. En fait, j’avais tords J’ai dû ouvrir ma conscience à plus grand que le monde physique.
Je comprends maintenant que c’était son chemin de vie. Quelle avait choisi de vivre cette fin tragique avant même de se réincarner. Il faut avoir une âme très évoluée pour atteindre cette grande purification. Je sais qu’elle est quelque part dans l'au-delà à poursuivre l’évolution de son âme et qu’elle garde un œil ouvert sur sa famille terrestre qu’elle a beaucoup chérie.
Je vous remercie de me lire. Pour ma part, cela me fait un grand bien. Dans la prochaine chronique, vous allez connaître ma première expérience paranormale avec ma grande sœur. Ce fut le début de ma vie spirituelle. J’ai compris cette nuit-là qu’il existait plus que le monde physique. N’hésitez pas à m’envoyer vos commentaires cela me donnera l’énergie nécessaire pour poursuivre mon récit.
Je vous dis au revoir. Que Dieu vous bénisse et vous protège.
Amour à vous tous.
Lucille Banville
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