Depuis des lustres, sceptiques et tenants des phénomènes parapsychologiques ou psi se sont affrontés sur l’autel de la science dans le but de, paraît-il, faire avancer ou démystifier l’existence de tels phénomènes.
Ovnis, maisons hantées, télépathie, médiumnité ou expériences de mort imminente, tout est remis en question avec une seule et même objection : il n’y a pas de preuves scientifiques. Les sceptiques, ce joyeux groupe de trouble-fête prend même un malin plaisir à rappeler le défi qu’ils ont lancé aux médiums de tout acabit. Essentiellement, ils s’engagent à remettre 10 000 $ à toute personne qui peut semer « … un petit doute… » sur la possibilité d’existence de phénomènes ou de talent médiumnique. Mais alors, est-ce à dire qu’on doit semer le doute ou le doute ne doit-il pas systématiquement alimenter n’importe quel esprit scientifique? Qu’à cela ne tienne, on peut inverser le raisonnement et offrir 20 000 $ à quiconque réussit à semer le doute qu’aucun phénomène psi n’existe. Dans un cas comme dans l’autre, personne ne peut prouver quoi que ce soit.
Or, de petits doutent existent depuis qu’un certain nombre de chercheurs se consacrent à l’étude rigoureuse de diverses questions, allant de la télépathie, la télékinésie, les expériences de mort imminentes aux OVNIS.
Naturellement, si on s’en tient strictement à la promesse de semer un petit doute, la chose est gagnée. À moins que la notion de preuve soit tellement élastique qu’on en vienne à exiger des « évidences » que la science elle-même ne reconnaît plus, l’évidence étant l’antithèse du doute scientifique, fondement essentiel qui anime tout bon chercheur.
Heureusement, plusieurs scientifiques se sont risqués au fil des ans à tenter de circonscrire, observer et expliquer ce que l’on considère encore comme des phénomènes psi.
Plusieurs associations regroupant des scientifiques de calibre se sont formées pour enquêter sérieusement sur ces questions, notamment l’American Society for Psychical Research de New York, la Society for Psychical Research de Grande-Bretagne, l’International Association for Near-Death Studies, l’Institut Métapsychique International ou encore le Centre d’études des expériences de mort imminente de France. De plus, certaines Universités ont mis sur pied des départements d’études de phénomènes psi comme l’Université d’Édimbourg avec le Koestler Parapsychologie Unit ou l’Université Duke avec le J.B Rhine Research Center à Durham.
Sur un plan individuel, des chercheurs crédibles ont abordé scientifiquement certaines questions, notamment le Dr Jean-Pierre Jourdan dont nous avons présenté trop succinctement le bouquin « Deadline », un ouvrage rigoureux consacré aux expériences de mort imminente (EMI) et le Dr Raymond Moody, pionnier dans la recherche sur les EMI.
Premier constat : si personne parmi tous ces chercheurs n’a réussi à expliquer scientifiquement les phénomènes psi, tous s’entendent pour conclure que certains de ces phénomènes existent et sont observables, quoique sur une base expérimentable souvent inconstante. Bien sûr, tous ne s’entendent pas sur leur origine, l’unanimité n’étant pas le propre de la science.
Mais, au moins, nous avons franchi une étape importante : la reconnaissance de certains phénomènes et le désir de les observer sur une base rigoureuse. Exit les railleries et le déni, bienvenus la recherche!
Deuxième constat : la réalité de la conscience ou de la pensée semble infiniment plus complexe et fantastique que ce que l’on a pu imaginer jusqu’à présent. Comme le conclut Jean-Pierre Jourdan, notre problème actuellement n’est peut-être pas d’ordre scientifique, mais conceptuel. Autrement dit, notre capacité de comprendre et d’expliquer les choses tient davantage à notre capacité de concevoir. En définitive, ce qui est considéré comme paranormal, extraordinaire, mystérieux tient à notre conception étroite de la réalité. Étroitesse fort compréhensible étant donné que nous n’avons que de faillibles et limités sens pour l’apprécier ne serait-ce qu’en partie.
Finalement, on peut présumer que la découverte d’explications scientifiques n’aboutira pas automatiquement tant à la négation des phénomènes psi que vers une modification de notre conception de l’univers dans toute sa complexité.
Par exemple, les hindous croient en l’existence des chakras, ces fameux centres énergétiques qui caractériseraient notre enveloppe énergétique spirituelle. Or, la lumière comprend également 7 fréquences, toutes de couleurs variables et compatibles avec celles précisées par les préceptes hindouistes. Coïncidence ou réalité universelle qui nous échappent?
Notre corps de matière et la lumière seraient-ils équivalents? La formule développée par Einstein, E=mc qui lie la matière et la lumière en une équation, serait-elle l’actualisation de ce que les hindouistes ont voulu exprimer par la théorie des chakras? D’où la notion que nous serions des « … êtres de lumière… »? Nous sommes peut-être entrés dans une ère où science et philosophie ne feront qu’un…
Chose certaine, avec le développement de la physique quantique et l’apparition de concepts aussi nouveaux que particulièrement imaginatifs, on ne peut plus se confiner aux dogmes scientifiques traditionnels pour comprendre la réalité.
Encore moins peut-on rejeter d’emblée les phénomènes psi ou, du moins, l’existence de certaines réalités hors de l’ordinaire.
Peut-être tout simplement parce que dans l’Univers, l’ordinaire n’existe pas!