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LES COULEURS!
Lequel des cinq sens est vivement stimulé dès la naissance de tout être vivant? La vue est un bien essentiel à notre comportement de tous les jours, tant pour l’équilibre interne que pour la localisation. L’œil, ce bijou précieux, nous permet de distinguer des milliards de couleurs, nuances et contrastes différents en quelques microsecondes. Dès aujourd’hui, il me fait plaisir de nous plonger cet univers coloré où vous découvrirez chacun des rites, coutumes, symbolismes et utilisations de chaque couleur à travers les articles présentés prochainement. Alors sans plus tarder, ouvrez grand les yeux et contemplez l’arc-en-ciel d’information!
Bleu
Partie 1
Science et technique
La couleur bleue est une des trois couleurs primaires du cercle chromatique qu’utilisent les artistes pour obtenir de nouvelles teintes en les mélangeant. Lorsque l’on parle des couleurs en tant que support matériel, obtenues à partir d’un solide ou d’une pâte quelconque, on dénomme la couleur par l’adjectif «pigmentaire». Elle est représentée par le cyan, une sorte de bleu ciel lumineux légèrement verdâtre, dans la synthèse soustractive de couleurs. Cette synthèse se définit généralement comme la superposition des trois couleurs primaires (jaune, cyan et magenta) permettant de réaliser de nouvelles couleurs entre elles (vert, écarlate, indigo, etc.). Ainsi, l’addition du jaune au bleu donne le vert, le bleu au magenta donne indigo et ainsi de suite.
Le bleu, lorsque perçu par les rayons lumineux, fait partie des couleurs dites «lumières». Cette couleur est en fait réfléchie par l’objet coloré en question qui absorbe par ailleurs les six autres teintes de l’arc-en-ciel. Il en résulte alors que nous voyons l’objet de couleur bleue. La synthèse additive est pratiquement l’opposé de la synthèse soustractive. Sous un fond sombre, préférablement noir, trois faisceaux de couleurs : rouge, vert et bleu sont combinés pour finalement aboutir à une lumière blanche. La combinaison des lumières donne les trois couleurs primaires pigmentaires citées plus haut, soit le cyan pour l’union des lumières vert et bleu, le magenta pour le bleu et le rouge ainsi que le jaune pour le vert et le rouge. La lumière blanche au départ peut être décomposée puis recomposée à partir de prismes et de miroirs divergeant les rayons de couleur la composant.
En imprimerie, l’utilisation des couleurs pigmentaires et de la synthèse soustractive (trichromie) est parfois utilisée, mais tend à être supplantée par la quadrichromie, qui ajoute la couleur noire au procédé. L’imprimerie en couleur ayant tendance à coûter plus cher que l’impression en noir et blanc, on ajoute souvent du noir aux autres teintes pour minimiser leur utilisation pour des mélanges élaborés. L’utilisation du noir permet aussi la stabilisation et un meilleur rendu de contraste de couleur sur un fond blanc. Il accentue les détails et aide à l’élaboration de gris plus nuancés.
Décor et ambiances
Le bleu, étant considéré comme une couleur froide, convient bien aux pièces destinées à recevoir un éclairage naturel puissant et où la température dépasse celle des autres salles du logis. Il agit comme régulateur de chaleur, tempère et rafraîchit les pièces fermées et adoucis la sécheresse de l’air en retenant l’humidité contenue dans les murs, surtout si le bleu est foncé et saturé. Cette couleur est généralement appréciée pour son effet sédatif, reposant, voire soporifique. Elle endort la douleur morale et physique en incitant à l’occupant de penser à autre chose, à rêvasser. C’est une excellente couleur à apposer sur les murs des chambres à coucher, car ces pièces revêtent alors leur vraie fonction : reposer. Un bleu foncé peut amener le dormeur à sombrer plus facilement dans le sommeil, mais risque de devenir frileux s’il n’a pas de bonnes couvertures. Un bleu clair et épuré, cependant va apporter détente et rêverie. Il a été constaté qu’une pièce bleue peut augmenter les distractions et les oublis au travail, surtout si la pièce n’est pas éclairée suffisamment. Le bleu est donc à déconseiller dans les lieux où la concentration et l’efficacité sont de mise, tels les laboratoires, les bureaux de travail, les usines, etc. Pourtant, cette couleur tend à faciliter la communication entre personnes discutant de sujets léger ou divers. Elle favorise l’assimilation d’information lorsque la nuance n’est pas trop épurée et peut donc convenir aux bibliothèques et lieux de recueillement.
Il est intéressant de noter que les nuances de bleu sont à utiliser avec parcimonie en cuisine, que ce soit au niveau de la décoration intérieure que dans la présentation des services. En effet, le bleu a une fâcheuse tendance à couper l’appétit s’il est employé avec outrance et avec les mauvais aliments. Les viandes rouges sont spécialement victimes des méfaits de cette couleur, car elle donne une teinte violacée et une impression de pourriture à ces dernières. Le bleu, en petite quantité et savamment employé, peut accentuer des contrastes dans l’assiette au point de surprendre bien des convives. Traditionnellement, le bleu est associé en alimentation aux laitages, aux boissons et à l’eau; tout ce qui rafraîchit et qui est doux au goût peut être compatible avec cette couleur. Vu la rareté de cette teinte dans la nature, elle est souvent considérée comme spéciale et délicate. Pour rendre un produit plus onéreux qu’il ne l’est en réalité, un emballage bleu royal peut améliorer l’aspect d’un aliment bénin. En publicité, les commerciaux de nettoyage, de produits pharmaceutiques, de boisson désaltérante, de savons, d’optométrie et d’informatique utilisent largement le bleu pour ses qualités visuelles parfois saisissantes, absorbant le regard du client sur toute l’image et dégageant une singularité estompée.
Voici un résumé des effets des différentes teintes de bleu sur l’entourage :
- Bleu neutre : disperse l’attention sur l’ensemble de la surface, adoucit sans excentricité, conformisme, abaisse la pression sanguine, aide à réfléchir et à transmettre des idées.
- Bleu foncé : solidifie le regard sur l’objet coloré, uniformise les autres teintes, agit comme une toile de fond, alourdit l’atmosphère, pesanteur des idées, aide à concentrer l’énergie mentale sur une fonction en particulier, sévère.
- Bleu royal : agit comme un rassembleur de pensées et d’idéaux, apporte une confiance tranquille et sereine à l’œil. Valorise un détail et/ou ornemente un objet en particulier. Impression de croyance en ses idéaux et d’assise sur ses principes. Bon pour la communication convaincante, mais non provocante.
- Bleu ciel : Rafraîchit et détend la conscience. Donne une vague impression de candeur, de jeunesse de caractère et de docilité. Peut prodiguer une poussée d’envolées imaginatives agréables et pleines de douceur et tendresse. Un peu effacé comme teinte, mais très passe-partout.
- Bleu-vert : étonne et singularise l’ambiance. Donne un penchant artistique et une vison des choses originale, voire excentrique si la teinte est criarde. Donne du punch et de la personnalité à un détail, mais étourdit et désoriente si trop utilisée.
- Bleu-gris : tamise et rectifie l’espace environnant. Ajoute de la neutralité au décor et une touche vieillotte. Impression de silence et d’introspection, mais risque de déprimer si le gris prédomine. Rends sérieux et légèrement somnolent.
- Bleu électrique : Accroche l’œil et rend le décor artificiel. Peu donner un sentiment d’insécurité. À ajouter comme touche finale et à utiliser avec précaution. Excite légèrement et donne une touche enfantine à son entourage.
Fin de la partie 1
@+ Jean-Mi |